Plaidoiries de Maître Chemla et Maître Manesse-Chemla au procès Payet

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Bastien Payet, étudiant en droit de 23 ans, décède le 9 mars 2019 à Reims à la suite d'une agression par 3 personnes. 

Le 25 mars 2026, la Cour d'assises des Ardennes a condamné ces agresseurs à une peine de 14 années de réclusion criminelle pour violences en réunion. 

Nous vous proposons de retrouver ci-après les plaidoiries de Maître Pauline Manesse-Chemla et Maître Gérard Chemla qui sont les avocats de la famille de Bastien Payet depuis 2019. 

La plaidoirie est d'abord un exercice oral. Les textes ci-dessous ne reproduisent qu'imparfaitement les paroles effectivement prononcées au terme de plusieurs jours d'audience. Seul le prononcé fait foi. 

 

Plaidoirie de Maître Pauline Manesse-Chemla 

 

« C’est l’histoire de la femme 

La plus importante de ma vie

C’est l’histoire ma mère,

Que je vais vous conter …

Elle qui a débuté sa vie 

Il y a maintenant un demi-siècle,

Sur elle, le temps n’a pas d’emprise,

Son âge n’est rien qu’un mauvais chiffre.

Lorsque j’ai commencé ma vie, 

Qu’j’ai enfin pu dire quelques mots,

Un terme spécial a jailli,

J’l’appelle « Maman », c’est le plus beau.

Je n’ferai as de beau discours,

Vous savez tous, ce qu’est être parent,

Mais vous n’savez pas, autant que moi,

Ce que c’est d’être un bon enfant.

Il n’y a pas de mère parfaite,

C’est vrai que toi, tu ne l’es pas,

Mais tes défauts font c’que tu es,

&c’que tu es, fait qu’nous sommes là.

Et c’que tu es, fait c’que je suis,

C’est-à-dire un garçon parfait,

Et oui, je suis ma P’tite Freddy,

Sans défauts, rempli d’qualités (et c’est grâce à toi !)

Mais moi je plains tous ces enfants

Qui disent qu’leur mère c’est la meilleure 

Qui n’en savent rien, y t’connaissent pas

La meilleure mère, est près de moi.

Et j’ai de la chance, j’te partage pas

J’ai le droit à beaucoup d’amour

Tout ton amour, il est pour moi,

Et tout le mien, il est pour toi 

On dit de moins en moins je t’aime

Quand on grandit, qu’on devient adultes

J’ai 22 ans, mais c’est avec,

Des yeux d’enfant que j’te le dis.

Je te suis trop reconnaissant,

D’la façon dont tu m’as élevé,

T’étais seule la plupart du temps,

Mais c’est si bien à tes côtés.

Et si parfois,, bah tu m’énerves,

Et si parfois, tu râles pour rien,

Moi je t’aime pour tout ce ensemble,

Et je sais que tu n’veux qu’mon bien.

Aujourd’hui est un jour spécial,

Je le vivrai un de ces jours,

Ce jour-là, j’voudrai être comme toi,

Auprès d’un fils qui m’aimera tant.

Et je n’veux pas que t’aies le cafard,

Car c’est si beau tout cet amour,

Autour de toi, tous réunis,

Cette famille qui t’aime tant…

Je conterai dans tes années,

L’amour d’un père à mes enfants,

Et je prendrai exemple sur toi,

Sur ce qu’est être un bon parent.

Et j’espère accomplir le quart,

De c’que t’as accompli pour moi,

Pour mes peut être futurs enfants,

Je veux qu’ils soient tous fiers de moi.

Comme je suis fier de l’amour,

Que tu me donnes, d’puis 22 ans,

C’est la fin de mon bref discours, 

La Mioum, je t’aime, énormément ».

 

Madame la Présidente, Mesdames les Assesseurs, Mesdames et Messieurs les jurés,

 

Ce slam, cette poésie, ce n’est pas qu’une déclaration d’amour d’un fils à sa mère.

C’est une promesse, de rêves à réaliser, de vie à croquer, 

une recette du bonheur à décliner.

Il est des mots que l’on ne devrait jamais avoir à prononcer, des douleurs infinies que nul parent ne devrait jamais éprouver.

Nous sommes ici pour porter la voix d’une famille, et plus singulièrement celle de parents à qui on a arraché leur enfant il y a 7 ans, et dont la vie a depuis perdu son sens.

Leur fils allait avoir 24 ans.

24 ans c’est l’âge des rêves et des promesses, l’âge ou l’on construit sa vie, où l’on imagine l’avenir.

(lecture des courriels adressés par l’Ecole de Paris).

 

A 24 ans, Bastien ne laisse décidément personne indifférent.

Un entretien de recrutement dans une belle école parisienne qui bouscule l’équipe pédagogique ;

Une bière partagée au comptoir qui vous donne l’impression de le connaitre depuis 10 ans, des envies de découvrir son univers, et surtout de ne jamais le quitter 

 

Pour Frédérique qui vit avec lui, c’était bien plus qu’un âge : c’était un sourire, une présence, une raison de se lever le matin.

C’était SON enfant. Son TOUT.

Et en quelques secondes de violence absurde, gratuite et de brutalité d’une sauvagerie inouïe, son TOUT a été emporté.

DETRUIT

 

Pas par un accident.

Pas par le destin.

Mais par des mains humaines, par des coups répétés. Des gestes volontaires, puissants.

Par une violence qui ne laisse place qu’à l’effroi.

 

Et Il n’y a rien à comprendre.

Rien à accepter.

Rien à justifier.

 

Comment voulez-vous qu’elle, qu’ils se relèvent ?

Comment continuer de vivre quand une partie de vous-même a été anéantie de cette manière ?

 

Depuis ce jour le temps s’est figé pour Frédérique. 

 

Chaque matin est une épreuve, chaque silence est un rappel.

Elle ne pleure pas seulement son fils, elle pleure les anniversaires qui n’auront plus lieu, le téléphone qui ne sonnera plus, les je t’aime suspendus à jamais.

Les mains en cœur à l’arrêt de bus qu’elle ne verra plus.

 

Elle pleure tout cela Frédérique, tous les jours. La solitude est douloureuse comme une plaie à vif.

Il y a ce qu’elle vous a confié hier matin, et ce qu’elle ne dira jamais, de ces matins où elle reste le dos collé à la paroi de douche à pleurer, recroquevillée dans ses larmes, comme si elle était elle-même frappée.

Ces matins où elle ne peut pas se lever, ne peut affronter les « comment ça va ? » qui la font hurler à l’intérieur parce ce que CA NE VA PAS.

CA NE VA PLUS

Dans cette maison qui ne ressemble plus à celle qu’ils ont habitée.

Autrefois théatre des fanfaronneries de Bastien, berceau de leur complicité, elle est depuis 7 ans un cimetière.

Un lieu rongé par le silence. Trop grande, trop vide de lui. 

Un lieu où l’absence de Bastien pèse plus lourd que les murs.

Son absence est incontournable, démesurée.

Elle se ressent dans toutes les pièces où il ne chante plus, dans tous les lieux, à chaque pas, sur chaque trajet, le manque de lui se fait sentir partout et tout le temps.

Comment survivre dans une maison dont chaque recoin murmure un prénom qui ne répond plus ?

 

Après la perte de ses deux fils, André MALRAUX écrivait dans Lazare ces mots bouleversants que ressentent tous les parents endeuillés :

 

« Il n’y a pas de plus grande douleur que de survivre à ses enfants ».

 

Non il n’existe pas de plus grande déflagration, et ce que vivent ces parents dépassent le deuil.

 

C’est une fracture irréversible, une existence partagée entre un avant et un après. Le chagrin a déboulé, le chagrin à perte de vue.

Il s’est mué en colère, la colère mutilante, dévorante, celle qui se nourrit de tout.

Surtout quand vous êtes confrontés à une autre violence : celle que provoque la procédure judiciaire qui ne vous épargne pas en tant que victime.

Elle vous broie, elle aussi.

Par ses lenteurs, ses maladresses, ses défaillances et ses décisions de remise en liberté que vous VICTIMES, ne comprenez pas.

Par l’attente du procès que vous êtes la seule à réclamer 6 ans après les faits, comme si tout le monde s’en fichait de la mort de Bastie

 

Oui, seule la famille de Bastien a réclamé ce procès.

Et on lui a répondu qu’il n’était pas prioritaire parce qu’il n’y avait pas de détenus dans ce dossier.

 

Et puis il y a aussi Marie. Sa fiancée à qui il avait promis, sur les balades de Cabrel et de Saez, de ne jamais lui lâcher la main.

Elle, elle avait aussi des rêves simples et immenses à la fois :  des rêves de vie à deux, de voyages à n’en plus finir et peut-être, de lui donner ses « 11 » enfants. 

Cet avenir lui a été volé, à elle aussi 

En une seconde elle n’a pas seulement perdu l’homme qu’elle aimait, elle a perdu aussi tout ce qu’ils allaient devenir ensemble.

Les promesses, les lendemains construits à deux se sont envolés avec lui.

 

Comment se reconstruire après tout cela ?

Il est bien aimable de leur dire de se relever, de regarder devant. Mais cette injonction au bonheur et au retour à la vie est difficile à entendre pour les survivants.

Le bonheur ne se décrète pas.

 

Il suffit de regarder les amis.

 

Les copains d’avant hantés par les images et rongés par la culpabilité, encore 7 ans après.

 

Témoins de l’insoutenable. Spectateurs impuissants de la violence.

 

Eux vivent avec une autre forme de douleur : la culpabilité. 

 

La culpabilité tenace, féroce, dévorante.

 

Celle de se demander chaque jour depuis 7 ans : 

Aurais je pu faire quelque chose ? et si on était resté cinq minutes de plus au Délirium ?

et si on avait pris l’autre trottoir ? Et si on était passé par la place d’Erlon… ? 

 

Et si, et si…..

 

Ils se rejouent la scène sans fin. 

Ils portent encore 7 ans après en eux le poids injuste du combat perdu d’avance. 

Oui le combat était perdu d’avance.

Aucun ne sait se battre.

Ni Bastien, ni Simon, et encore moins les deux Cassandre. Les mots contre les poings et les pieds : on pouvait prédire la chute.

Il n’y a que dans les fictions que la parole est salvatrice.

 

Et pourtant ils s’accusent. Ils se tourmentent, eux les innocents.

 

Le contraste est saisissant.

 

D’un côté des êtres qui n’ont rien fait – si ce n’est aimer, accompagner, soutenir, être présents (consolation pour les parents) - et qui sont rongés par la culpabilité,

et de l’autre des individus qui ont agi, frappé, ôté une vie,

Et dont le système de défense oscille entre le silence, le « j’ai fait pipi trop longtemps contre le mur pour comprendre ce qui se passait », « j’étais pas là », « j’ai chargé les copains, mais je me suis mal exprimé », « j’ai mis un ou plusieurs coups dans un mouvement de foule » « mais c’était pas un coup direct » pour le champion de MMA, « c’était des mouvements de pieds » « mais je ne veux plus dire de qui »… 

La puissance de la sémantique, la même chez les trois démontre qu’ils n’éprouvent aucune CULPABILITE.

 

Messieurs,

Je pense que vous avez, dans ce procès dont vous avez provoqué la tenue, manqué un sacré rendez-vous : celui de l’honnêteté.

 

Monsieur DOGAN. 

Mis en cause par vos co-accusés, vous avez menti dès la première audition de garde à vue en niant votre présence sur le lieu des faits avec Andolini et Zeroual et en façonnant tout de suite votre alibi par le faux témoignage de votre petite amie dont vous avez tout de suite affirmé la présence au moment des faits.

Cette première audition de garde à vue vous accable.

Léa Bienaimé avec la complicité de Mounir M. fournit l’alibi au coupable que vous êtes.

 

Monsieur Andolini

Si je mets de côté le silence dont vous avez usé au cours de la procédure à chaque fois que vous étiez mis en difficulté (le 4 juillet 2019 parce que l’expertise sur les semelles n’était pas encore rentrée et le jour de la reconstitution lorsque les juges vous ont fait remarquer que vous changiez encore de version), je dois vous avouer que le fait que vous soyez le seul à reconnaitre avoir mis des coups pendant l’instruction, vous rendait aux yeux de mes clients, un petit peu moins antipathique que vos deux accusés.

Vous avez depuis rétropédalé.

Aujourd’hui ce n’est qu’un « coup indirect », dans « un mouvement de foule », expression dont se sert aujourd’hui aussi Monsieur DOGAN.

La Cour a bien retenu que lorsque les filles se retournent, elles voient Bastien à terre au niveau de la porte 46 avec un homme debout à coté de lui, juste derrière lequel deux individus dos tourné, sont en train de prendre la fuite, à partir de la fenêtre du 46.

Vous pouvez prendre tous les trois le même vocabulaire, la même sémantique nébuleuse, il n’en demeure pas moins que Cassandre a dit dans sa première audition que les deux hommes en fuite étaient juste derrière l’homme qui était debout et que les cavaliers positionnés par la police démontrent votre commune progression jusqu’à la porte 44.

 

Monsieur ZEROUAL. 

Vous êtes reconnu tout de suite par Cassandre BLIOT sur place, puis au commissariat, devant la police, devant les juges, et au cours du premier procès dans ce face à face glaçant ou elle dit comme aujourd’hui :  « je ne dis que ce dont je suis sure et certaine », et ce 100 % vous vise vous Monsieur ZEROUAL, vous qui portez en plus l’ADN de Bastien sur votre chaussure.

 

Madame la Présidente, Mesdames les Assesseurs, Mesdames et Messieurs les Jurés,

 

Il y a devant vous sur ce banc une famille extrêmement digne, qui vient au procès non pas chercher une « commémoration », ni la vengeance, mais la Justice.

Rendre justice à Bastien PAYET, ce n’est pas seulement condamner des gestes.

C’est dire que la culpabilité ne doit pas peser sur les innocents, mais sur ceux qui ont choisi la violence.
C’est aussi rappeler que la vie d’un jeune homme de 23 ans ne peut pas être arrachée sans que la société toute entière ne s’en émeuve et ne réponde.

Vous allez rendre la justice au nom du peuple français.

Rien ne rendra ce jeune homme à ceux qui l’aimaient. 

Mais la justice peut, au moins, dire que cette vie avait une valeur ; qu’elle ne pouvait pas être brisée impunément.

Pour lui.

Pour ceux qui restent.

Je vous remercie.

 

Plaidoirie de Maître Gérard Chemla 

 

Je veux parler à la raison sans me servir de l’émotion.

 

Depuis 7 ans tout marche à l’envers

Un jeune homme brillant, gentil, galant, bien élevé se fait agresser gratuitement au coin d’une rue du centre-ville de Reims.

•    Sans raison,

•    Sans pitié

Allongé sur le trottoir, dans le coma, ses amis appellent en urgence les secours.

Les policiers arrivent au bout de 25 minutes seulement.

On n’aurait jamais dû retrouver les auteurs. Ils étaient à quelques mètres sur la place d’Erlon mais n’avaient pas laissé de traces spécifiques et il n’y a malheureusement pas de caméras dans cette rue.

C’est grâce à Cassandre que les choses basculent. 

Sans elle on chercherait encore.

1. Pourtant on va elle et Simon les maltraiter en les mettant en cellule et en leur apprenant d’une façon brutale la mort de leur ami
2.    L’enquête part de travers. On n’arrête que Zeroual sans prendre l’identité des personnes du groupe. On ne saisit pas les images de vidéo surveillance. 
3.    On ne l’interroge que le 9 Mars à 16 h44 ce qui est un non-sens puisque c’est lui qui donnera le nom d’Andolini qui entre temps a tout le temps de s’organiser.
4.    On va arrêter Andolini et on le place en garde à vue n’importe comment. La garde à vue sera annulée.
5.    Les scellés sont faits par des amateurs ce qui a permis aux avocats des accusés d’essayer de les contester 
6.    On met encore quelques heures de plus pour se rendre compte qu’on s’est trompé d’Osman.
7.    On passe à côté du faux témoignage de Léa B et il faut l’avocat de ZEROUAL pour qu’elle soit poursuivie.
8.    L’instruction est clôturée en 2022 et il va falloir trois ans et qu’on se fâche avec tout le monde pour obtenir une audience trois ans après.

Vous ne rendrez pas BASTIEN à ceux qui l’aiment mais vous pouvez au moins leur rendre la justice.

En première instance l’accusation nous lâche

Coincée entre les ratées de l’enquête et une vision partielle du dossier, l’avocat général baisse les bras à l’audience. C’est moi qui expliquerai à la Cour pourquoi nous avons la preuve de la culpabilité de Dogan.

J’ai toute confiance en madame l’Avocat Général mais par principe, je reprendrai ma démonstration.

Nous n’exerçons pas de vengeance.

Nous avons fait preuve depuis le premier jour d’une dignité exemplaire.

Nous ne demandons même pas une justice particulière pour lui. Ce n’est pas parce qu’il était extraordinaire qu’il avait le droit de vivre, simplement parce qu’il était un être humain, un jeune homme à l’aube de sa vie d’adulte.

Si nous avions le moindre doute, nous n’aurions pas cette position. Les parents ont trop souffert de l’injustice faite à Bastien pour faire la même chose à l’égard des accusés.

Pour nous, les trois accusés sont coupables de meurtre car on ne shoote pas dans la tête de quelqu’un de cette façon si on ne veut pas le tuer.

Pour autant nous n’avons pas voulu nous battre sur la qualification et avons accepté celle de coups mortels que les choses avancent.

Rappel du droit

La notion de scène unique de violence existe depuis plus de 50 ans. 

La QPC posée sur le sujet a été rejetée.

LA SCENE
1.    Les filles qui zigzaguent entre les flots d’urine
2.    Dogan qui les provoque
3.    Simon qui accélèrent pour passer en file indienne
4.    ZEROUAL qui est adossé contre le véhicule (tout le monde le voit et il le dira lui-même)
5.    Bastien qui ne frappe personne 
a.    pas de trace à l’autopsie
b.    pas de contusion sur Andolini (il aurait eu l’œil fermé)
c.    pas en phase avec sa façon d’être

Choc de culture ? 
Blessure narcissique ? 
Rivalité de quéquettes ?

Les 1ers coups le cueillent certainement Dogan et Andolini

En tous les cas ce qui est acquis :


•    Zeroual a frappé (chaussure avec ADN, témoins très précis)
•    Andolini a frappé (dénoncé par DOGAN et Zeroual) et par ses propres déclarations.
•    Zeroual n’a pas écrasé la tête (sa semelle est exclue par l’expert semelles)
•    Andolini peut l’avoir fait mais ses chaussures sont exlues pour deux des marques retrouvées sur le visage de Bastien.
•    La troisième chaussure est nécessairement celle de DOGAN qui n’a pas été saisie par les policiers.
 

Cette 3ème chaussure : 

  • On sait que c’est une chaussure
  • On sait que ce ne sont pas celles de Z ni celles de A. DOGAN est accusé par les deux autres et on sait que c’est lui qui lance l’insulte ce qui permet de penser que c’est à lui que Bastien a répondu (ce qu’il va reconnaître dans une de ses dépositions)
  • On sait que c’est une semelle qui n’a pas été saisie, or celles de Zeroual et Andolini l’ont été et ils n’étaient que trois.

 

Le système de défense de DOGAN

DOGAN réfute les accusations des autres car ils seraient amis et soutient qu’il n’y a pas de preuves contre lui.

Trou noir

Cette phrase lancée des geoles de garde à vue n’a pas été lancée par Dogan qui n’était pas encore arrêté mais par Zeroual ou Andolini.

Que signifie t elle ?

On ne se découvre pas et on adaptera la vérité par la suite quand on connaîtra le dossier.

C’est ce qu’ils ont fait les uns et les autres en mentant puis en changeant de discours et en parlant de leurs « versions »

La vérité n’est pas une version.

C’est la vérité.

Ils ont tous menti et varié mais le meilleur exemple dans notre affaire aura été DOGAN.

Les preuves contre DOGAN

Ce sont des preuves en creux, comme l’empreinte d’une mâchoire qui permet, en creux, de reconstituer les dents avec précision.

On a compris que DOGAN ment de façon utilitaire pour venir dire ensuite quand le mensonge s’est retourné contre lui qu’il ne compte pas pour ce qu’il m’a servi

Sur les faits de 2022 il explique j’ai saisi l’opportunité.

En Mars 2019, il va très vite réagir et s’organiser :

1.    3h00 et quelques minutes, Zeroual est arrêté
2.    3h17, il téléphone à Léa
3.    Il se concerte avec Andolini pour aller ensemble chez Yacine
4.    3h59 il appelle M. qui est toujours là quand on a besoin d’un coup de main (rappelons-nous qu’ils ont été condamnés ensemble sur des violences en 2015)
5.    Il discute jusqu’à 6h30 avec Andolini à St ANNE 
6.    Andolini essaye durant toute cette période d’appeler son oncle policier.
7.    Ils ne voient pas de voiture de police arriver à St ANNE ce qui veut dire que ZEROUAL n’a pas parlé.
8.    On sait que DOGAN et ANDOLINI vont l’un et l’autre s’organiser pour ne pas dormir chez eux le soir
9.    Dogan arrive à 16h chez M., sait parfaitement que Bastien est entre la vie et la mort et dit qu’il ne comprend pas pourquoi car il a vu les coups. Ce qui prouve bien qu’il a assisté à une partie violente de la scène.
10.    Je pense qu’il organise avec M. son alibi et la disparition de ses chaussures et vêtements.
11.    Surtout, il faut un alibi et Léa a déjà été prévenue à 3h17 qu’il faudra dire qu’elle était avec lui, qu’il n’a rien fait et que ce sont les deux autres qui se sont acharnés. Elle est parfaite pour le rôle puisqu’elle était sur place et que tout le monde sait qu’ils sont amants.
12.    Ils ont 36 contacts entre 3 h17 et le lendemain.
13.    A 21h M. téléphone à deux reprises à LEA qui parle ?? lui ou Dogan ?
En tous les cas c’est bien lui qui l’amène au commissariat et il est à côté de l’entrée de la souricière quand DOGAN arrive avec la police.

Concordance des dépositions fausses
Dès le premier interrogatoire il dit qu’il ne veut pas d’avocat et explique qu’il n’a pas vu les Cassandre car il était avec une fille.
Première comparution devant le juge on est à un cheveu dans les mêmes déclarations entre lui et elle.

•    Comment peut-il savoir qu’elle va confirmer ce mensonge ??
•    Comment peuvent-ils dire le même mensonge sans s’être mis d’accord ?
•    Pourquoi concerter un mensonge si on n’a rien à cacher

 

Le positionnement

Quoi qu’il arrive, la zone des violences ne concordent pas avec l’endroit où ils se positionnent

Cela impose qu’ils se sont rapprochés pour participer
Ils mentent donc en expliquant qu’ils ont fui le combat.

La culpabilité ne fait aucun doute