Le harcèlement scolaire : il faut que la peur change de camp

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Ils s‘appelaient Evalnide, Thybault …. des prénoms à jamais gravés dans le marbre des victimes silencieuses du harcèlement.
Si jeunes et si fragiles.

Proies faciles de la cruauté de leurs semblables, et parfois même des adultes.

Il ne faut pas attendre un drame pour réagir quand on constate que son enfant ne parle plus, ne veut plus aller à l’école et que ses résultats baissent.

Le harcèlement, c’est de la violence, de la violence sournoise, répétée, qui entraîne une dégradation des conditions de vie de l’enfant.

La charge de la preuve incombe au plaignant. Il ne faut donc pas attendre d’être arrivé au pied du mur pour agir :

Vis-à-vis du harceleur

Tenir un journal chronologique des faits précis du harcèlement et des preuves que vous avez (SMS, photographies, vidéos, témoignages).

Penser à tout « screener», surtout ce qui disparait très vite sur les applications éphémères (snapshat notamment)

N’oubliez pas que les enregistrements sont recevables en matière pénale.

Sauvegardez tout sur plusieurs supports USB.

Vis-à-vis de l’établissement scolaire

Il a une obligation de sécurité de résultat vis-à-vis des usagers.

Tout cas de harcèlement doit être signalé par écrit au chef d’établissement qui doit traiter le sujet avec diligence et devra justifier des moyens utilisés pour trouver des solutions à la situation.

En l’absence de réponse il faut écrire à l’Inspecteur de l’Éducation Nationale pour les écoles maternelles et primaires, ou au DASEN dans les autres cas.

Vous devez consulter le plus tôt possible un avocat qui défend habituellement les victimes au pénal et qui vous donnera la marche à suivre avec un tableau de bord précis des démarches à accomplir.

Pauline MANESSE-CHEMLA, avocate pour les victimes
Pauline MANESSE-CHEMLA
Avocat associé