Assises de l’Aisne : 24 et 20 ans de réclusion criminelle pour les deux meurtriers de Jean-Marc Fayot
Cinq heures auront été nécessaires à la cour d’assises de l’Aisne pour rendre son verdict. Les deux meurtriers de Jean-Marc Fayot ont été condamnés à 24 et 20 ans de réclusion criminelle.

Est-on face à un meurtre ou face à des violences volontaires ayant entraîné la mort ? Les magistrats et les six jurés de la cour d’assises de l’Aisne devront au préalable répondre à cette question avant de fixer le quantum de la peine décernée aux deux accusés qui leur ont fait face ces trois derniers jours. Si David Balk et Guillaume Fouchaux comparaissent depuis mercredi pour meurtre par personne agissant en état d’ébriété manifeste, leurs deux avocats ont, tour à tour, défendu une autre version des faits qui se sont déroulés dans la nuit du 6 au 7 décembre 2022. Leur tâche est difficile, quelques minutes auparavant l’avocate générale a requis contre David Balk 23 ans de réclusion criminelle et 19 pour Guillaume Fouchaux.
« Ce qui s’est passé cette nuit-là n’aurait jamais dû se produire, je sais que vous allez le déclarer coupable. » Me Sébastien Busy, avocat de Guillaume Fouchaux attaque d’entrée sur la qualification des faits. « Avait-il l’intention de donner la mort ? C’est le centre de ce débat, il n’y a de meurtrier que si celui qui commet les violences voulait tuer. » L’avocat rappelle aux jurés que les violences volontaires ayant entraîné la mort sont un crime comme le meurtre. « La peine maximale est de vingt ans et si vous le condamnez à une peine supérieure à 10 ans, la peine de sûreté est automatique. »
"Personne n’a voulu que cet homme décède"
Me Busy
En ce qui concerne les coups donnés par son client, Me Busy reprend les analyses de l’expert : « Il y a un coup de pied, peut-être deux, portés quand la victime est au sol, c’est ce que mon client reconnaît. » Y’a-t-il eu intention de tuer ? « Reprenez point par point les éléments du dossier avec cette question unique en tête, poursuit l’avocat. Lorsqu’il donne les coups, veut-il que Jean-Marc Fayot jamais ne se relève ? » Pour lui la réponse est simple : « Je vous dis non, je suis convaincu que ce n’était pas son intention, personne n’a voulu que cet homme décède. » Pour conclure, il a rappelé qu’en détention son client a investi un certain nombre de choses. « Il travaille sur la violence, ses addictions. »
Des peines au au-delà des réquisitions
Avocat du deuxième accusé, Me Cyrille Bouchaillou sait qu’il n’a pas la partie facile. Son client, après avoir reconnu les faits sitôt son interpellation, est revenu sur ses déclarations lors des auditions suivantes. Au début de son procès, il a réaffirmé ne pas avoir donné de coups car il dormait au moment des faits. Lui aussi plaidera la requalification des faits en violences volontaires. En vain, après cinq heures de délibéré, la cour d’assises les a reconnus coupables de meurtre. Une peine de 24 ans de réclusion criminelle a été prononcée pour David Balk. Son co-accusé, Guillaume Fouchaux a été, lui condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Des peines qui vont au-delà des réquisitions de l’avocate générale.
Les deux hommes ont dix jours pour faire appel de ce jugement.