« Il s’est passé deux heures entre les premiers coups et la mort » : aux assises, les deux accusés font face aux experts
Au deuxième jour du procès des deux hommes jugés pour meurtre, la parole était aux experts. La chronologie des faits a été précisée. Ce vendredi 30 janvier, ce sera au tour des avocats de s’exprimer ainsi que l’avocat général. Verdict dans la soirée.

Les avocats prendront la parole ce vendredi ainsi que l’avocat général. - Sunto
« Il était gentil, toujours prêt à aider »
Lentement, la mère de Jean-Marc s’est approchée de la barre de la cour d’assises. Depuis mercredi matin, entourée de son époux et de ses enfants, elle suit le procès des deux hommes accusés d’avoir tué son fils. « Il était gentil comment tout, il faisait tout ce qu’on lui demandait. » Son seul problème : l’alcool. « L’armée ne lui a pas porté bonheur, c’est là qu’il a appris à boire. »
Les propos des accusés la révulsent. « Ils disent qu’il tapait les enfants, les femmes. Il n’en a pas et n’a jamais été marié. » L’idée d’une réflexion déplacée de la part de son fils vis-à-vis de la fille de l’un des deux accusés, elle n’y croit pas. « Il n’aurait jamais dit cela de cette femme, ce sont des menteurs. »
Audience difficile, ce mercredi 28 janvier 2026 pour la famille de Jean-Marc Fayot, l’homme qui a perdu la vie dans une chambre d’hôtel de Laon, le mercredi 7 décembre 2022. La cour d’assises de l’Aisne avait à entendre le rapport de plusieurs experts ainsi que celui du médecin légiste. Plus de trois ans après le décès de leur fils et de leur frère, la famille a pu mettre des images sur les dernières heures de la victime.
Une morphoanalyse du sang a été menée. Comme le précisait d’entrée l’expert, elle n’a pas pour but de dire qui avait commis les actes de violence mais comment et dans quel ordre s’était déroulée la scène de violence. « On peut relever cinq à six faits de violence sur une personne debout et mobile, pointe l’expert. Ensuite, on retrouve des traces de sang plus bas sur le mur. Nous les qualifions de montantes, elles sont le résultat de coups de pied portés à un homme à terre. » Pour l’expert, la chronologie est simple : des premiers coups ont été portés à Jean-Marc Fayot alors qu’il était debout, une fois à terre, il a reçu deux coups de pied. Ces expertises sont compatibles avec les premières déclarations des deux accusés. En revanche, elles ne le sont plus avec celles faites neuf mois après les faits.
L’une des plaies à la tête pourrait avoir été faite par une chevalière d’après le médecin-légiste
Le médecin légiste, lui, note que le corps de la victime comporte une quinzaine de zones d’impact. « Ce qui ne veut pas dire qu’il y a eu quinze coups, plusieurs coups portés au même endroit ne donneront qu’un impact et un coup peut donner plusieurs lésions. » L’une des plaies de la tête pourrait porter la trace d’une chevalière, précision qui viendrait contredire la version défendue depuis hier par David B. En effet, lui seul portait une chevalière au moment des faits.
Enfin, au vu des constatations effectuées, il précise que : « Deux heures se sont écoulées entre les premiers coups et la mort de M. Fayot. » Une temporalité que Me Sébastien Busy, avocat de Guillaume F. remettra en cause en s’appuyant sur les heures établies par les différents témoins. En effet, les faits ne peuvent s’être déroulés qu’entre 3h45, heure du départ du gérant de l'hôtel et 5h13, heure à laquelle les pompiers ont été alertés.
Le mystère David B.
À l’issue des exposés des différents experts et la prise de parole des plusieurs membres de la famille de la victime, la présidente de la cour d’assises a donné la parole aux deux accusés. Guillaume F. a tout d’abord souhaité s’excuser auprès de la famille de Jean-Marc Fayot. « Depuis les faits, j’ai fait un gros travail sur moi-même, je vais le continuer. » Son comparse, quant à lui est resté campé sur ses positions : il dormait et n’a donné aucun coup. Il admet que les propos qu’ils ont tenus sur la victime, l’accusant d’être un pédophile, étaient faux. Son avocat, Me Bouchaillou a bien tenté de le faire changer d’avis : « Qui dans cette salle inventerait une histoire au risque de prendre trente ans de réclusion criminelle ? » David B. a conclu : « Tout le fonctionnement de cette soirée n’est pas normal. »