Ne supportant pas la rupture, il attend son ex devant son travail et la violente
Un Aubois d’une trentaine d’années a été condamné à dix mois de prison ferme, notamment pour des violences à l’encontre de son ex-compagne. Violences qui ont eu lieu en présence des enfants.
Avec son air désinvolte, son petit sourire en coin, à son entrée dans le box, Marc* n’attire pas la sympathie et ce n’est qu’en fin d’audience, au tribunal de Troyes, qu’il exprimera des regrets. Car les faits reprochés sont suffisamment graves pour qu’il fasse l’objet d’une comparution immédiate, vendredi 30 janvier. C’est-à-dire qu’il a été jugé quatre jours après la scène qui l’a envoyé en garde à vue.
Le 26 janvier, le trentenaire va complètement vriller. Affecté par sa rupture récente d’avec sa compagne, Stéphanie (prénom d’emprunt), Marc décide d’obtenir des explications de la pire des manières. Ce soir-là, il se rend à Bar-sur-Aube et l’attend à la sortie de son travail. Quand elle le voit, elle monte rapidement dans son véhicule où se trouve sa fille (née d’une précédente union). Mais elle n’a pas le temps de verrouiller la porte. Il tente de la faire sortir de force en la tirant par le bras et par les cheveux. Elle parvient finalement à se libérer et s’enfuit.
Les aveux à demi-mot du prévenu
Auditionnée, Stéphanie confie avoir déjà déposé plainte car elle avait découvert un traceur dans son véhicule, elle confie sa peur. Et le comportement de Marc en garde à vue ne rassure pas du tout les gendarmes ; il continue d’insulter sa compagne. Un comportement d’autant plus inquiétant que les militaires ont retrouvé un couteau sur lui lors de son interpellation et que la victime dénonce des faits de violences plus anciens, commis en présence de sa fille, mais aussi du fils qu’ils ont eu ensemble, à leur domicile.
À l’audience, le prévenu a bien du mal à faire amende honorable. S’il est contraint de reconnaître les faits du 26 janvier, qui ont eu lieu sur la voie publique, pour le reste des infractions à l’encontre de Stéphanie, c’est plus compliqué**. Le traceur ? Il l’a posé avant la séparation et c’était uniquement pour protéger le véhicule en cas de vol. Les violences à leur domicile ? Elles venaient toujours de Stéphanie et il ne faisait qu’y répondre.
Il fera sa détention sous bracelet
Le 26 janvier, Marc s’est convaincu que Stéphanie était en couple avec quelqu’un d’autre, cela avant même leur séparation. « Même si Madame avait été infidèle, de quel droit vous vous permettez de la tirer de force de son véhicule », commente la présidente du tribunal. « Votre belle fille dit qu’elle a eu très peur pour elle et pour sa mère, vous en pensez quoi ? », questionne Maître Bernardin, à la partie civile. « Je n’aurais pas dû faire ça, c’est très grave », admet-il.
« Il n’est pas entendable que le moment d’une rupture devienne un moment de violences », lance Charlène Mahot, vice procureure. Elle requiert 24 mois de prison, dont 14 avec sursis probatoire et le maintien en détention. Le prévenu a déjà six condamnations à son casier, dont la plupart sont en lien avec des faits routiers. « Quel est l’intérêt de le mettre en détention et de lui faire perdre son travail. Les faits de janvier 2026 méritent-ils qu’on mette à néant une vie », a plaidé Maître Maucert, à la défense.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet mais a décidé d’aménager la peine ferme – dix mois – sous bracelet électronique. Marc se voit par ailleurs retirer l’exercice de l’autorité parentale sur son fils.
*L’identité a été modifiée car une des victimes collatérales des faits reprochés est son fils, qui porte le même nom que le prévenu et dont il faut préserver l’anonymat.
**Il comparaissait aussi pour des délits routiers.
Par Orianne Roger pour l'Est-Eclair.