Accusé d’avoir drogué, violé et filmé plusieurs jeunes femmes, un commerçant aubois jugé cette semaine à Troyes
La cour criminelle départementale juge cette semaine un commerçant aubois accusé d’avoir violé trois jeunes femmes en ayant eu recours à la soumission chimique. Les victimes étaient droguées à l’aide de somnifères. Certaines ont été filmées durant les crimes.
La cour criminelle départementale de l’Aube se réunit cette semaine à Troyes pour examiner une affaire particulière. Durant quatre jours, cinq magistrats emmenés par la présidente Catherine Hologne, vont juger Anthony Margon.
Ce commerçant aubois de 40 ans est accusé d’avoir commis des viols sur trois jeunes femmes, dont certaines ex-compagnes, sur plusieurs périodes différentes comprises entre 2011 et 2021. Des faits qui se sont en partie déroulés à Brienne-le-Château.
Le procès de la soumission chimique
Pour commettre ces crimes, l’Aubois est accusé d’avoir eu recours à la soumission chimique en droguant ses victimes à l’aide de somnifères.
Ce dernier est également poursuivi pour atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image d’une personne. L’enquête a en effet révélé qu’il avait filmé certaines victimes, endormies, inanimées durant les viols. Un mode opératoire qui fait inévitablement écho à d’autres affaires judiciaires médiatisées, mettant en lumière le fléau de la soumission chimique.
Un accusé sous contrôle judiciaire
Les trois parties civiles seront défendues par deux avocates membres du barreau de Troyes, Maitre Anne-Sophie Wagnon-Horiot et Maitre Margaux Dédina. Substitut du procureur au sein du parquet troyen, Cyril Vicente représentera le ministère public en tant qu’avocat général.
Anthony Margon sera lui défendu par Maitre Chloé Bonnat, avocate du barreau de Dijon. Mis en examen en avril 2022, ce dernier avait été placé en détention provisoire durant un an. En mai 2023, il avait obtenu sa remise en liberté suite à une décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Reims. Le commerçant avait alors été placé sous contrôle judiciaire. Il comparaîtra donc libre devant la cour tout au long de la semaine. L’accusé, qui demeure à ce stade présumé innocent, encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu jeudi.
Par Benoit Soilly pour l'Est-Eclair