L’agriculteur d’Ambrières condamné à 5 ans de prison, dont quatre avec sursis, pour violences volontaires avec arme

Publié le 24 septembre 2026
L'Union
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La décision a été rendue ce jeudi 24 septembre 2026. Jean-Louis Leroux, agriculteur à Ambrières qui avait tiré en direction d’un de ces voleurs, a été condamné à une peine de 5 ans de prison, dont quatre avec sursis.

« Aujourd’hui, vous avez la responsabilité de mettre des mots sur ces quelques secondes de la fin janvier 2020 qui ont bouleversé une vie. Ces quelques secondes, M. Leroux les a choisies, alors que M. Diego H., lui, les a subies », lance Me De la Roche d’un ton grave, comme pour appuyer sur l’importance des propos. C’est par ces mots que l’avocat de la victime termine sa plaidoirie devant la cour d’assises de la Marne.

Il est 11 heures passées ce jeudi 24 septembre quand la cour et les jurés sortent de la salle d’audience pour commencer à délibérer. Quelle est leur intime conviction concernant les faits qui se sont déroulés dans la nuit du 31 janvier au 1ᵉʳ février 2020 ? Pendant cette nuit, il n’est pas encore deux heures du matin quand Jean-Louis Leroux, éleveur dans une ferme de vaches, tire un coup de fusil en direction d’un individu qui tentait de le voler.

Les réquisitions retenues

Après quatre jours d’un procès où tous les détails ont été passés au crible, il aura fallu plus de six heures pour que la cour d’assises rende sa décision, validant les réquisitions de l’avocate générale. Jean-Louis Leroux est reconnu coupable et condamné à cinq ans de prison, une peine assortie d’un sursis de quatre années. « Sans ignorer le contexte difficile, il a tiré sur un individu en fuite et non armé », justifie la présidente, avant d’expliquer que l’agriculteur pourra bénéficier d’un aménagement de peine sous la forme d’un bracelet électronique.

Le procès, qui aura dépassé les murs du palais de justice de Reims, laisse un goût amer à l’avocat de la défense, Maître Gérard Chemla. Pendant sa plaidoirie, quelques heures avant, il avait tenté de faire valoir l’acquittement de son client par la légitime défense. « Je veux vous demander si vous ressentez les conditions dans lesquelles il a tiré et en est arrivé là. Il ne s’est pas fait justice, il s’est défendu », expliquait-il alors.

La cour d’assises de la Marne en aura décidé autrement. Malgré une forte pression du monde agricole, présent en nombre lors du délibéré, « l’opinion publique » n’a pas empêché l’agriculteur d’être condamné pour violences volontaires avec armes ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. Conformément aux dires de l’expert psychiatre, la cour retient également une altération du discernement, réduisant la peine maximale encourue à 15 années.

Dix jours pour faire appel

Pour l’avocat de la victime, si cette décision permet de déclarer la responsabilité du condamné, elle ne va pas complètement en son sens. Lors de sa plaidoirie, il demandait de retenir la tentative d’homicide volontaire. « Quand vous tirez avec une arme létale en direction d’une zone létale, ça ne peut pas être autrement que l’intention de tuer », soumettait-il à la cour. La décision finale, elle, retiendra les réquisitions du parquet.

Lors de la clôture de ce procès, Jean-Louis Leroux ne peut s’empêcher de verser une larme. Son avocat, justifiant la « sensation de ne pas avoir été compris », annonce à la presse avoir conseillé de faire appel de cette décision. « La justice et le système ne l’ont pas protégé, aujourd’hui, ils le condamnent », continue-t-il. Jean-Louis Leroux a dix jours pour faire la demande.

 

Hippolyte Semin, l'Union

Gérard CHEMLA, avocat rémois réputé en matière pénale des victimes
Gérard CHEMLA
Avocat associé