Crash d'Egyptair : "Il y a un sentiment d'inachevé", déplore l'avocat de la principale association de victimes
"Si l'on veut aller au bout des investigations et comprendre ce qu'il s'est passé, on remet tout à plat et on recommence les investigations techniques", plaide l'avocat de la Fenvac, Sébastien Busy, jeudi sur franceinfo. Le parquet a requis un non-lieu général dans ce dossier datant de 2016.
"Il y a un sentiment d'inachevé", réagit sur franceinfo, jeudi 14 mai, Sébastien Busy, avocat de nombreuses familles de victimes, alors que le parquet de Paris a demandé un non-lieu général dans le dossier du crash de l'avion d'Egyptair. Le 19 mai 2016, le vol MS 804, reliant Paris au Caire, s'était abîmé en mer Méditerranée, entre la Crète et la côte nord de l'Égypte. Les 66 personnes à bord, dont 15 Français, sont mortes dans l'accident.
Pour Sébastien Busy, également avocat de la Fenvac, la principale association de victimes, trop de questions restent en suspens. Il évoque "le changement d'un boîtier de masque à oxygène quelques jours avant l'accident" comme point de départ de l'incendie. "On n'a pas davantage cherché à comprendre la raison pour laquelle on a changé ce boîtier ni quels ont été les contrôles effectués à la suite de ce changement", déplore Sébastien Busy.
Pour justifier ce non-lieu, le parquet de Paris explique dans son réquisitoire, consulté par franceinfo, que l'accident "résulte d'une fuite d'oxygène provenant du boîtier de rangement du masque à oxygène du copilote", causée par "l'engagement intempestif de la position" d'un bouton "test d'urgence" par le copilote. Cette fuite d'oxygène a "rencontré une source de chaleur inconnue présente dans le cockpit".
L'équipage "n'était plus en capacité de reprendre le contrôle"
Concernant cette source de chaleur, l'hypothèse d'une cigarette dans le cockpit est évoquée dans l'enquête. "On ne peut pas se contenter d'expliquer qu'une cigarette, qui continuerait de se consumer peut-être à l'insu de tout le monde en pensant qu'elle a été bien éteinte, aurait provoqué l'incendie", critique Sébastien Busy. "Si l'on veut aller au bout des investigations et comprendre ce qu'il s'est passé, on remet tout à plat et on recommence les investigations techniques", plaide l'avocat de la Fenvac, la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs.
L'incident s'est déroulé "dans un contexte de fond musical et d'une attitude de l'équipage considérée comme trop peu professionnelle par les différents experts et témoins" qui ont pris connaissance de l'enregistreur de vol (CVR), poursuit le parquet dans son réquisitoire. "En l'absence de tout signe de présence humaine dans le poste de pilotage après l'annonce du feu et la demande d'un extincteur, il appert que l'équipage n'était plus en capacité de reprendre le contrôle de l'avion jusqu'à son impact en mer", indique aussi le parquet. Comme l'équipage est décédé dans le crash de l'avion, "un non-lieu général sera requis", conclut le parquet.