« Des affaires Lyhanna, il y en a malheureusement partout en France », déplore une avocate rémoise
La mort de la jeune Lyhanna est devenu le symbole des carences de la justice en France. Pour Me Manesse-Chemla, avocate au barreau de Reims, une « prise de conscience générale » est nécessaire.
« La justice n’a pas pris la mesure du danger. » Avocate d’une autre partie civile, une stagiaire alors âgée de 14 ans, Maître Manesse-Chemla l’affirmait en juillet 2025 devant la Cour d’appel de Reims lors de l’audience de mise en liberté du dentiste de Fismes (liberté alors refusée). Elle le répète presque un an plus tard, en juin 2026. « La victime a payé le prix de dysfonctionnements et c’est un dramatique écho à Lyhanna. Elle n’aurait pas dû se retrouver là, devant ce praticien dénoncé des mois plus tôt. »
N’a-t-on pas entendu, ou su entendre, le témoignage du fils de Virginie ? « Il a tout dit, tout de suite et l’enquête a montré que sa parole ne pouvait être mise en doute. Le fait que (le dentiste) a pu continuer à exercer et au contact de mineurs est critiquable et questionnable », poursuit l’avocate au barreau de Reims.
« L’administratif avant l’humain »
Comme nombre de ses confrères, elle dénonce « un manque criant, indécent » de moyens alloués à la justice et une vision qui place « l’administratif avant l’humain ». Pour Maître Manesse-Chemla, la qualité de la prise en charge des victimes est liée à « l’attention » qui leur est portée : « Comment expliquer à un papa dont le fils a été victime de violences sexuelles qu’on ne sait pas où en est la plainte un an plus tard ? »
Enquêtes qui « pâtissent du manque de personnel », délais à rallonge, difficultés de communication entre acteurs de la justice, successions de drames – « des affaires Lyhanna, il y en a malheureusement partout en France… » Au-delà du constat, l’avocate rémoise espère une « prise de conscience générale » et une « mobilisation de tous les acteurs en lien avec l’enfance ».
Par Marion Bertemes pour l'Union