« Elle aurait pu être le premier féminicide de 2026 » : un Aubois de 29 ans condamné pour violences conjugales
Le jeune homme, qui a reconnu les faits, comparaissait mardi 6 janvier pour des faits d’une grande violence datant du week-end précédent. Hospitalisée des suites de ses blessures, la victime n’était pas présente au procès.
Les mains de Divan B.* étaient encore bleutées et enflées des coups assénés sur le corps et le visage de sa compagne. Elle, hospitalisée et opérée le jour du procès pour les blessures qu’il lui a infligées, était représentée par son avocate, Maître Wagnon-Horiot. Le prévenu était jugé pour des faits d’une grande violence datant de septembre 2025 et du 4 janvier 2026. Une date de convocation étonnamment proche des faits ; ce type d’affaire passe généralement devant le tribunal judiciaire après une période d’examen du dossier ou d’enquête.
« Tu vas passer la pire soirée de ta vie »
Dimanche 4 janvier au beau milieu de la nuit, les secours interviennent au domicile du couple après un appel de la victime. « Je vais mourir », a-t-elle soufflé au téléphone. Son agresseur, compagnon de vie depuis dix années, venait de lui infliger coups de poing, coups de pied, de lui cogner la tête contre le sol et de la menacer de mort avec des couteaux dont elle s’est protégée de ses mains. « Tu vas passer la pire soirée de ta vie », lui aurait-il craché entre les coups et les insultes. Une dispute au motif futile – un piercing qu’elle venait de se faire, une surprise pour lui – aurait déclenché le courroux du jeune homme.
Les pleurs de leur dernier enfant, âgé de 5 mois, a offert à la jeune femme l’occasion de s’échapper par la fenêtre de la chambre des petits. « Votre fille vous a sauvée », estime la substitut de la procureure, Marion Ars. Ce déferlement de violence inouïe a laissé la jeune femme avec « 7 de tension et des vomissements » à son arrivée à l’hôpital. Trente jours d’ITT lui ont été prescrits, ainsi qu’une première opération pour réparer ses os cassés.
Le prévenu a reconnu les faits de violences et de menaces de morts du 4 janvier mais aussi ceux de septembre 2025 que la présidente du tribunal, Anne-Sophie Cabot, a pris le temps de questionner. Au lendemain de la naissance de leur quatrième enfant, le père de famille aurait violemment frappé sa compagne, notamment avec une barre de fer. Elle avait fouillé son téléphone et trouvé des échanges avec d’autres femmes. « Quelle vie lui avez-vous donnée pendant dix ans ? Pourquoi cette violence ? » « J’ai dérapé, je n’ai vraiment pas d’excuse. Je ne suis pas quelqu’un de violent à la base », a-t-il simplement répondu. Une reconnaissance des faits sans prise en compte de leur gravité, ont estimé les magistrates et la partie civile. « Il est évident que le calvaire de cette femme ne s’arrête pas à ce dossier », a souligné Maître Wagnon-Horiot.
165 féminicides en France en 2025
« Le collectif #NousToutes a recensé 165 féminicides en 2025. Elle aurait pu être le premier féminicide de 2026 si son enfant ne s’était pas mis à pleurer » a asséné le ministère public. Conformément à ses réquisitions, Divan B. a été condamné à quatre années de prison ferme. Il devra verser 3 000 € à la victime, qu’il lui est interdit de contacter, tout comme ses enfants. La question de son autorité parentale sera étudiée en procédure civile.
Anna Maréchal