L'octogénaire jugé pour inceste condamné en appel à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Ardennes

Publié le 18 septembre 2026
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La cour d'assises des Ardennes a condamné en appel Lionel V. à 18 ans de réclusion criminelle ce vendredi 18 septembre, pour avoir abusé sexuellement et violé sept femmes de sa famille pendant près de 45 ans. L'octogénaire avait été condamné en première instance à 16 ans d'emprisonnement.

Des larmes de soulagement ont coulé sur les joues des parties civiles à l'annonce du verdict de la cour d'assises des Ardennes, ce vendredi 18 septembre, au procès en appel de Lionel V. L'homme de 82 ans a été reconnu coupable d'avoir abusé sexuellement et violé sept femmes de sa famille, ses filles, petites-filles et nièce, pendant près de 45 ans entre 1968 à 2009.

La cour a suivi les réquisitions du ministère public qui avait demandé une condamnation à 18 ans de réclusion criminelle, soit une peine supérieure de deux ans à la condamnation de l'homme en première instance à Reims, en septembre 2025.

"Le ministère public les reconnaît comme victimes"

Lors de ses réquisitions, l'avocate générale a tenu à s'adresser à toutes les victimes. Et en particulier à la nièce et l’une des filles de l’accusé, pour qui les faits sont prescrits : “quand bien même la prescription a été acquise, je ne les oublierai pas. C’est important de leur dire que le ministère public les reconnaît comme victimes”. Elle ajoute : "la prescription, juridiquement c’est justifié, moralement c’est plus difficile.”

Alors, "la société évolue", dit-elle, "la loi française avec". Cela s’illustre par les débats qui vont débuter autour de la loi intégrale contre les violences sexuelles, en octobre à l’Assemblée. La volonté d'Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, d’y rendre imprescriptibles les violences sexuelles sur mineurs. La magistrate ajoute : “et c’est grâce à vous sept, à ce genre de procès, en ayant ouvert les portes, que la législation change.”

Elle conclut : "ces trois jours représentent un deuil, car il a manqué son rendez-vous judiciaire. C'est aussi une leçon de vie”, saluant la dignité des parties civiles.

"Il n'a convaincu personne"

Lors de sa plaidoirie, l'avocate de la défense a d'abord assuré ne pas vouloir "blesser les victimes", les respecter, être simplement dans son rôle, celui de défendre l'accusé. Elle a demandé à la cour de ne pas retenir le viol comme chef d’accusation, expliquant qu'aucune preuve matérielle, selon elle, ne prouve qu’il y a eu pénétration ou fellation. Expliquant à nouveau que celui-ci, atteint d'andropause depuis des années, ne peut plus avoir d'érection. Visiblement, cela n'a pas convaincu la cour, qui a suivi les réquisitions du ministère public.

Une peine plus lourde qu'en première instance, de quoi satisfaire l'avocate des parties civiles. "C'est lui qui a décidé de faire appel. Il n'a convaincu personne, donc on est très, très satisfaites et soulagées par cette décision qui remet l'église au milieu du village", réagit Maître Pauline Manesse-Chemla, avocate des sept plaignantes.

Lionel V. a dix jours pour se pourvoir en cassation, c'est d'ailleurs la crainte des parties civiles après ce deuxième procès douloureux pour elles. "Juridiquement, il a le droit de former un pourvoi en cassation. Maintenant, je pense que ce procès était déjà le procès de trop. Et on mesure à chaque instant, chaque seconde, le traumatisme supplémentaire que provoque un appel. Ce n'est pas anodin de faire appel et d'infliger à des victimes de se replonger dans leur histoire et d'exprimer tout ça devant de parfaits inconnus", ajoute l'avocate des sept femmes, Maître Pauline Manesse-Chemla.

Un procès public pour que "la honte change de camp"

Contrairement au procès en première instance qui s'était déroulé à huis-clos, les trois jours d'audience en appel ont été rendus publics pour six des sept plaignantes, à leur demande, pour que "la honte change de camp" :

 

Pauline MANESSE-CHEMLA, avocate pour les victimes
Pauline MANESSE-CHEMLA
Avocat associé