Un Châlonnais de 40 ans condamné à quatre ans de prison pour un refus d’obtempérer et des affaires de stupéfiants

Publié le 22 septembre 2026
L'Union
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Lundi 21 septembre 2026, le tribunal de Châlons-en-Champagne jugeait un homme de 40 ans, dans le cadre d’une affaire mêlant un refus d’obtempérer et des délits liés aux stupéfiants.

Le prévenu est arrivé menotté, encadré par deux gendarmes au tribunal de Châlons-en-Champagne lundi 21 septembre 2026. Khaled Roubehie Fissa, 40 ans, était jugé en comparution immédiate, pour des infractions liées aux stupéfiants, ainsi qu’un refus d’obtempérer. Les faits se sont déroulés à deux ans d’écart, entre juillet 2024 et juillet 2026. « On va commencer par 2024 », lance le président du tribunal, avant de se lancer dans le rappel des faits.

Le 28 juillet 2024 vers 23 heures, à Châlons, le prévenu est au volant d’une voiture. Des policiers remarquent sa conduite aléatoire, et s’approchent, mais l’homme de 40 ans ne s’arrête pas. « J’avais bu », glisse-t-il pour justifier son geste. « C’était un mauvais réflexe ? », demande le président du tribunal ? « Non, un mauvais comportement. »

Course-poursuite

Une course-poursuite s’engage alors, jusqu’au quartier de La Bidée. « Le conducteur grille un stop, un feu rouge… », énumère le président du tribunal. Et surtout, il manque de renverser un policier faisant partie d’un second équipage, arrivé en renfort sur les lieux. « Il a témoigné qu’il s’est arrêté sur le bord de la route pour stopper la voiture du prévenu qui arrivait en face, mais n’a pas eu le temps de prendre le stop stick (un dispositif permettant d’arrêter des véhicules en fuite, NDLR) », rapporte le président du tribunal.

Le policier se place alors lui-même en face du véhicule. « J’ai vu qu’il n’essayait pas de m’éviter, et qu’il ne ralentissait pas. J’ai donc reculé de quelques pas », raconte le président du tribunal, en citant le témoignage du policier, qui s’est constitué partie civile. Les autres fonctionnaires présents sur les lieux ajoutent que le véhicule « a frôlé » leur collègue avant de continuer sa route.

Quelques rues plus loin, les policiers voient un sachet de résine de cannabis être jeté par la fenêtre, puis découvrent, à quelques rues, la voiture arrêtée et vidée de son occupant. Bien qu’identifié quelques jours plus tard, ce dernier n’a pas pu être arrêté.

Deux ans passent, jusqu’à ce que les policiers reçoivent, fin juillet 2026, un appel : un habitant se plaint anonymement d’une odeur de cannabis, et de multiples allers-retours dans un immeuble de Châlons, où réside Khaled Roubehie Fissa. Après une courte surveillance, les policiers arrêtent le prévenu, et perquisitionnent le logement.

Ils y trouvent 1,2 kilo de drogues de toutes sortes, 6 000 euros en liquide et de nombreux objets de luxe. « La drogue, c’était pour mon usage personnel, je traversais une période noire. » Et le liquide ? « Toutes mes économies. » Au RSA depuis plusieurs années, le prévenu pouvait compter sur sa famille, dont sa sœur « qui gagne très bien sa vie », pour le soutenir. « On s’aide beaucoup dans la famille », glisse le prévenu.

Une demande de nullité de la défense

Si Khalid Roubehie Fissa a reconnu le refus d’obtempérer, son avocat, Maître Sébastien Busy, a demandé la relaxe sur certaines accusations. En cause, des exceptions de nullité, justifiées, selon lui, par des erreurs dans les procédures. « Il n’y a aucune explication. On ne sait pas comment les stupéfiants ont été trouvés (un des sachets a été ramené le lendemain des faits au commissariat par un Châlonnais, NDLR). Dans le dossier, on ne trouve aucune photo des tests et des pesées des stupéfiants, qui ont été faits sept mois et demi après la saisie. Je ne sais même pas ce qui a été testé, et on l’impute au prévenu, tonne Maître Sébastien Busy. Ça me semble fait en dépit du bon sens. »

Des arguments en partie entendus par le tribunal, puisque le procès-verbal de la pesée a été rejeté. Cela n’a pas empêché le prévenu d’être condamné à quatre ans de prison ferme et à verser 1 400 euros à la victime. Son permis de conduire a été annulé.

Wilhem Lelandais-Foyer, l'Union.

 

Sébastien BUSY, avocat pénaliste à reims. Il intervient en droit pénal, crash aérien, permis de conduire
Sébastien BUSY
Avocat associé