Un père de famille de Châlons géolocalisait sa femme, « une seule fois sans son accord et les autres à sa demande »

Publié le 06 novembre 2026
L'Union
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Appelé à comparaître initialement en février 2027 devant un juge unique, un quadragénaire a finalement été entendu ce 28 octobre 2026 lors d’une audience collégiale suite au non-respect de son contrôle judiciaire.
Teddy Brouart pleure à chaudes larmes à la barre du tribunal correctionnel de Châlons ce 28 octobre 2026. Des mois que ce papa n’a pas revu son fils de 6 ans en raison d’un contexte familial compliqué sur fond de procédure de divorce et de non-respect de contrôle judiciaire. « Cet enfant, qu’il a eu à plus de 40 ans, c’est la chance de sa vie. Suspendre les droits de visite jusqu’au jugement, c’est terrible pour un père, appuie son conseil, Maître Chantal Focachon. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’une affaire de géolocalisation, sans violence. »

Sommé de s’expliquer devant la justice sur ces faits d’atteinte à l’intimité de la vie privée, le Châlonnais place systématiquement son garçon au centre de la discussion… et de sa ligne de défense. S’il s’est connecté à plusieurs reprises entre le 1er mai et le 1er août au compte Google de sa femme afin de géolocaliser l’appareil associé à ce dernier, c’est uniquement afin de « protéger ma famille ». « L’ancien compagnon de ma femme nous menaçait. Je m’inquiétais pour ma femme et pour mon fils, handicapé. Je ne pensais qu’au bien-être de notre enfant », martèle-t-il, sans parvenir à convaincre la présidente de l’audience ni ses assesseures. « Vous vous positionnez systématiquement en victime, Monsieur. Et votre fils à bon dos », lui adresse l’une d’entre elles.

 

« C’était surtout pour les soirs où elle sortait en discothèque, les vendredis et samedis »

Selon le quadragénaire, ce serait même sa compagne de l’époque qui lui aurait spontanément donné les codes d’accès de ses différents comptes, dont ceux de ses réseaux sociaux. « C’était surtout pour les soirs où elle sortait en discothèque, les vendredis et samedis. Si elle ne répondait pas au bout de 1h30, je la géolocalisais et je devais appeler la police, continue-t-il de soutenir, avant de laisser échapper un jugement. Quand on est parent, on ne peut pas sortir tous les week-ends, on a une responsabilité. Mais je l’ai jamais empêchée de sortir ni de rentrer contrairement à ce qu’elle a pu dire. »

 

Pas de plainte mais un signalement
Son avocat s’attelle également à détricoter les déclarations de Madame, qui « n’a pas porté plainte mais seulement fait un signalement le 31 août ». Les trois principaux manquements au contrôle judiciaire (qui ont valu au prévenu une dizaine de jours de détention provisoire) ne sont ainsi, aux yeux de la défense, que « purs mensonges ». « Madame est quand même allée jusque sur le lieu de travail de Monsieur pour le revoir. Il faut arrêter de se moquer du monde ! », peste Maître Chantal Focachon.

Teddy Brouart ayant reconnu avoir géolocalisé sa femme, « une seule fois sans son accord et les autres à sa demande », il a été condamné à six mois d’emprisonnement avec possibilité d’un aménagement de peine sous la forme d’un bracelet électronique. Il ne peut par ailleurs entrer en contact avec la mère de son fils ni paraître à son domicile pendant trois ans et devra lui verser 500 euros au titre des dommages et intérêts et 800 euros au titre de l’article 475-1 du code de procédure pénale.

 

Marie Charrier, L'union.

 

Chantal FOCACHON, avocate à châlons en droit pénal et droit des étrangers
Chantal FOCACHON
Avocat associé