Visage lacéré par un tesson de bouteille : deux ans de prison ferme pour l’agresseur
Un jeune Tunisien a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir lacéré le visage d’un jeune garçon avec un tesson de bouteille de whisky avant de l’emmener aux urgences de Troyes.
La scène se déroule dans la nuit du 15 au 16 mars. Mohamed, jeune majeur tunisien installé dans l’Aube depuis près de trois ans, a rendez-vous à La Chapelle-Saint-Luc avec une connaissance, un garçon de 17 ans, mineur non accompagné pris en charge par le conseil départemental.
Blessure profonde
Une rencontre loin d’être amicale. Mohamed, apprenti pâtissier dans une boulangerie du centre-ville de Troyes, entretient un différend abstrait lié à une dette de stupéfiants et à une petite amie.
L’échange dégénère. Ivre, Mohamed fracasse une bouteille de whisky et l’utilise pour frapper son rival au visage. La blessure est profonde. Le mineur est défiguré. Mohamed décide alors de déposer sa victime aux urgences du centre hospitalier de Troyes pour lui permettre de se soigner. La police débarque à l’hôpital. Les agents interpellent quelques heures plus tard Mohamed. Sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF), l’apprenti est placé en détention provisoire dans l’attente de son procès.
L’audience s’est tenue ce mardi 5 mai. Dans le box, le prévenu a vaguement reconnu les faits, tout en expliquant qu’il avait répondu à une provocation de la victime. « J’ai posé la bouteille sur sa joue et il a bougé. Cela a arraché sa peau. Je n’aurais pas dû, je n’étais pas dans mon état normal. »
« Il voulait l’abîmer »
« Cela ne correspond pas à la profondeur de la blessure. Vous auriez pu le tuer », a dénoncé la présidente. « Quand on se prend un coup de bouteille éventrée et qu’on voit sa joue qui pend, ce n’est pas rien », a rappelé Maître Wagnon-Horiot, avocate de la victime par l’intermédiaire du conseil départemental.
« Ce n’est pas un coup de sang mais quelque chose de calculé. Il voulait l’abîmer. Aujourd’hui, il minimise les faits. Il y a une absence totale de prise de conscience », a asséné le procureur qui a requis deux ans de prison ferme contre Mohamed, assortis d’une interdiction du territoire français pendant dix ans.
« Espoirs d’intégration »
En défense, Maître Aude Betzler a rappelé le casier vierge de « ce gosse victime d’un grand chagrin d’amour ». Un gosse qui « a répondu à son mal-être émotionnel par la violence et qui aujourd’hui est en prison alors qu’il avait une situation. Ne compromettez pas ses espoirs d’intégration ».
La prison, Mohamed Douihech devra encore y rester quelques mois. Le tribunal l’a condamné à la peine requise par le procureur, assortie d’une interdiction du territoire français pendant trois ans.
Par Benoît Soilly pour l'Est-Eclair