Municipales 2026 : à Reims, la candidate RN provoque la colère de la famille de Bastien Payet

Publié le 11 mars 2026
L'Union
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En proposant une plaque commémorative en hommage au slameur, roué de coups jusqu’à la mort en 2019, Anne-Sophie Frigout s’est attiré les foudres de la famille de la victime, qui refuse toute récupération politique.

En ce début de semaine, l’eurodéputée Anne-Sophie Frigout, candidate à la mairie de Reims pour le Rassemblement national, a proposé d’installer une plaque commémorative en hommage à Bastien Payet, jeune slameur de 23 ans tué dans la nuit du 8 au 9 mars 2019 rue Jeanne-d’Arc, dans le centre-ville de Reims. Le drame avait provoqué une émotion considérable.

Dans une publication sur Facebook, la candidate a rattaché ce tragique fait divers à des considérations plus larges qui rejoint son argumentaire de campagne : « Son décès a profondément marqué notre ville. Il est une victime tragique de l’explosion de l’insécurité et de la violence à Reims comme partout en France. »

Une initiative dénoncée rapidement par les avocats de la famille de Bastien Payet, Pauline Manesse-Chemla et Gérard Chemla, dans un courrier adressé à la candidate et qu’ils ont rendu public : « Cette initiative indécente est d’autant plus nauséabonde que nos clients ont depuis sept ans refusé toute récupération politique et que Bastien Payet a lui-même toujours milité contre les idées du parti dont vous vous réclamez. Nos clients sont profondément choqués par votre publication qu’ils vous somment de supprimer de vos réseaux sociaux. Ils attendent les excuses qu’impose l’acte très indélicat que vous avez commis. »

Mme Frigout a supprimé la publication incriminée et répondu, sur Facebook, en réponse aux déclarations de Me Manesse-Chemla : « Je présente mes excuses à la famille de Bastien Payet si cette publication a pu la blesser. Ce n’était évidemment absolument pas mon intention, au contraire. Comme beaucoup de Rémois, j’ai été profondément marquée par ce drame qui a touché notre ville il y a plusieurs années. Bastien Payet était un jeune homme dont la disparition a bouleversé de nombreux habitants (…) Il n’y avait derrière cette publication aucune intention électoraliste. Il s’agissait simplement d’un hommage et d’un rappel d’un drame qui a marqué Reims. »

Un mea culpa qui n’aura pas convaincu tout le monde. « Mais quelle indignité… », a commenté, comme un soupir, le maire de Reims, Arnaud Robinet, allusion manifeste à la proposition de sa rivale.

L’affaire doit être rejugée en appel par la cour d’assises des Ardennes, à Charleville-Mézières, du 18 au 26 mars prochains. Le 4 avril 2025, Enzo Andolini, Oussama Zeroual et Osman Dogan avaient été reconnus coupables de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et condamnés, par la cour d’assises de la Marne, à quatorze ans de réclusion criminelle.

Olivier Durand, L'Union 

Gérard CHEMLA, avocat rémois réputé en matière pénale des victimes
Gérard CHEMLA
Avocat associé
Pauline MANESSE-CHEMLA, avocate pour les victimes
Pauline MANESSE-CHEMLA
Avocat associé