Intervention de Maître Pauline Manesse Chemla à un colloque sur la réponse judiciaire face à l'exploitation sexuelle des mineures
Maître Pauline MANESSE-CHEMLA, avocate associée cabinet ACG REIMS, spécialiste en droit pénal (qualification spécifique en droit des victimes) a été conviée par la Fondation Droit d’Enfance qui porte le programme PARE (Piloter et Animer un RÉseau d'acteurs mobilisés contre la prostitution des mineurs) à participer le 3 novembre 2026, au Ministère de la Santé, à une table ronde consacrée à la réponse judiciaire au fléau prostitutionnel.
Ce colloque soutenu par la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS) rassemblait tous les acteurs de la prise en charge des mineurs : éducateurs, travailleurs sociaux, psychologues, médecins, magistrats, responsables des services de la protection de l’enfance…
Maître MANESSE-CHEMLA a exposé le rôle de premier plan de l’avocat défenseur du mineur exploité, victime à part entière au sens de la loi, mais aussi victime totalement à part, qu’il faut accompagner singulièrement, dans toutes les étapes de la procédure, en amont du dépôt de plainte si possible, et jusqu’à la réparation des préjudices.
Elle est aussi venue expliquer que le droit doit encore évoluer en cette matière pour tenir compte de la spécificité de ces victimes, dont le parcours est tellement inscrit dans un continuum de violences, qu’elles ne se reconnaissent pas dans ce statut de victimes.
Il doit évoluer avec un nécessaire questionnement sur la formation des professionnels chargés du recueil de la parole des victimes, pour que les plaintes soient prises de façon aussi claire et précise qu’elles le sont pour les victimes de violences conjugales, sans formules moralisatrices culpabilisantes.
Il doit évoluer aussi car l’absence de définition légale de la prostitution et l‘illisibilité du cadre pollué par la pluralité indigeste des qualifications en concours nuisent à la répression.
Il doit évoluer enfin par une meilleure prise en compte par les experts chargés de l’évaluation des préjudices, de leur spécificité au regard de l’atteinte portée à la dignité et à la liberté de ces victimes.
Le constat alarmant de l’augmentation significative du phénomène chez les mineurs de plus en plus jeunes nous oblige à considérer la concertation, la coopération entre professionnels de la protection de l’enfance comme seule réponse efficace au fléau prostitutionnel.
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